Notre concept de soins

1- Principes généraux :

RESOLIS est actif dans le domaine de la prise en soins des personnes âgées présentant des handicaps, des difficultés ou des pertes au niveau de leur mobilité, de la réalisation des activités de la vie quotidienne, de leur vécu occupationnel, de leur intégration sociale et/ou de leur orientation. Des déficiences cognitives, affectives, comportementales, et/ou sensitives peuvent en être à l’origine.

Malgré ces déficiences le bénéficiaire de soins a le droit jusqu’à la fin de sa vie à une prise en charge médicale et paramédicale appropriée. Le médecin traitant et RESOLIS fondent leurs décisions sur une évaluation commune des aspects médicaux, psychiques, sociaux et fonctionnels ainsi que de l’environnement de la personne âgée. Résolis respecte la dignité, la sphère privée et la sphère intime de celle ci. Ceci reste valable en cas de diminution de sa capacité de discernement. RESOLIS veille à ce que les préférences de la personne âgée soient respectées et lui reconnaissent le droit de courir des risques.

La prise en soin du bénéficiaire est effectuée par un soignant référent (ASSC ou infirmier) auquel la famille et les proches peuvent être associés de manière formelle par l’organisation de « réunion familiale » ou informelle lors d’entretien singulier.

La prise en charge et le traitement de la personne âgée nécessitent que le médecin, RESOLIS et les aidants naturels collaborent de manière systématique entre eux. Les intervenants externes (assistante sociale, repas à domicile, service ménage, centre de jour…) sont également associés à cette collaboration dans le respect du secret professionnel, respectivement de la confidentialité.

2- Processus décisionnel :

La diminution de l’autonomie de la personne âgée, qui s’accroît avec le vieillissement perturbe l’équilibre entre dépendance et indépendance mais ne supprime pas le droit au respect de sa dignité et de son autonomie, c’est pourquoi des processus décisionnels tenant compte de son droit à l’autodétermination et à sa dignité exigent l’établissement de procédures. RESOLIS veille en particulier à ce qu’elle puisse exprimer sa volonté tout en lui laissant suffisamment de temps pour prendre des décisions importantes. RESOLIS veille également à ce que ses décisions soit prises sans subir aucune pression.

a) directives anticipées :

Le bénéficiaire de soins peut rédiger des directives anticipées concernant le traitement et les soins médicaux qu’il souhaite recevoir ou refuser, cela pour le cas ou sa capacité de discernement serait altérée. Capable de discernement, il peut en tout temps modifier ou annuler ses directives anticipées. Médecins et soignant référent de RESOLIS doivent attirer l’attention de la personne âgée sur la possibilité d’adopter de telles directives et de les actualiser.

b) personne de confiance (répondant thérapeutique) :

La personne âgée peut déterminer à l’avance quelqu’un qui peut, à sa place, consentir aux mesures médicales, de soins et/ou thérapeutiques (appelé ci-après répondant thérapeutique) à partir du moment où il deviendrait incapable de discernement et qu’aucun représentant légal n’ait été désigné. Cette procuration donnée de manière anticipée sera jointe au dossier. Une copie sera transmise au médecin traitant. RESOLIS veille à ce que la personne âgée ne subisse aucune pression lors de la désignation du répondant thérapeutique.

La nomination de cette personne n’exonère pas le médecin traitant et RESOLIS de leur responsabilité dans leur domaine de compétence.

c) droit à l’information :

Le bénéficiaire de soins a le droit d’être informé par le médecin ou RESOLIS des mesures diagnostiques, préventives, paramédicales ou thérapeutiques prévues, de façon à pouvoir consentir à ces mesures librement et de manière éclairée. L’information lui sera communiquée sous une forme appropriée, c’est-à-dire compréhensible, nuancée (en y incluant notamment les éventuelles alternatives), et adaptée à la situation. Pour chaque alternative les bénéfices et les risques seront énoncés. Dans la mesures du possible et avec le consentement du bénéficiaire de soins, la personne de confiance peut également être informée, afin qu’il puisse soutenir la personne âgée lors de sa prise de décision. Celle ci (ou en cas d’incapacité de discernement sa personne de confiance ou son représentant légal) a le droit de consulter son dossier RESOLIS

d) consentement :

Lorsque la personne âgée capable de discernement refuse les mesures qui lui sont proposées, après avoir été informée de façon exhaustive de la mesure elle même et des conséquences possible d’un tel refus, le médecin et RESOLIS sont tenus de respecter cette décision.

En cas d’incapacité de discernement, le médecin ou RESOLIS recherche si des directives anticipées ont été rédigées.  En l’absence ou lorsqu’il existe des motifs légitimes de penser que la personne âgée n’a pas pu exprimer librement sa volonté ou que la volonté exprimée n’est plus actuelle, le médecin doit solliciter le consentement du représentant légal respectivement de la personne de confiance. Chaque décision doit s’appuyer sur la volonté présumée du bénéficiaire de soins incapable de discernement et être prise dans son intérêt objectif. Lorsque la décision de la personne de confiance respectivement du représentant légal semble contraire à la volonté présumée du bénéficiaire de soins, le médecin contactera les autorités de tutelle.

En l’absence de personne de confiance ou de représentant légal ou lorsqu’il est impossible de les contacter en raison de l’urgence de la situation, le médecin et RESOLIS prennent les décisions de manière interdisciplinaire conformément aux intérêts objectifs et à la volonté présumée de la personne âgée. Les proches seront intégrés au processus décisionnel, dès que possible.

3- Traitement médical et prise en charge

a) Promotion de la santé et prévention :

Les personnes âgées sont fréquemment exposées à certains risques (chutes, immobilité, escarres, dépression, troubles alimentaires, …). Le médecin et RESOLIS, en collaboration avec les proches doivent déceler ces risques suffisamment tôt et, après en avoir informé la personne âgée et avoir sollicité son consentement, prendre les mesures préventives qui s’imposent. Le médecin et RESOLIS doivent également proposer à la personne âgée les mesures susceptibles de lui permettre de maintenir et de développer ses compétences, ses ressources physiques, psychiques et sociales.

b) réadaptation :

Le médecin et RESOLIS doivent proposer et rendre accessibles à la personne âgée toutes les thérapies (physiothérapie, psychothérapie, ergothérapie, soins dentaires, appareillages auditifs…) et prise en charge (nourriture, mobilisation, activités…) susceptibles de lui permettre de retrouver, dans la mesure du possible, ses compétences et ses ressources physiques, psychiques et sociales. La collaboration des proches sera sollicitée en ce sens.

c) soins palliatifs :

L’accès à la médecine, aux soins et à la prise en charge palliatifs est facilité dans la mesure du possible à tous les bénéficiaires de soins souffrant de maladies chroniques incurables. Les douleurs, l’angoisse, la dépression et le sentiment de désespoir en particulier seront traités de manière globale en y incluant les proches. La personne âgée pourra sur demande solliciter la présence d’un assistant spirituel.

d) accompagnement des personnes en fin de vie :

Les personnes âgées en situation de fin de vie ont droit au respect de leur dignité. Les éventuelles directives anticipées seront respectées. La qualité des soins devra être garantie en matière de confort, de traitement de la douleur et de l’angoisse. L’accompagnement de la famille sera également une préoccupation de RESOLIS.

e) demande de suicide :

Lorsqu’une personne âgée capable de discernement fait part de son désir de mettre fin à ses jours, le médecin et RESOLIS rechercheront le dialogue avec le « suicidant ». En cas de volonté avérée il sera fait appel à un médecin externe chargé de vérifier si la décision n’est pas due à :

des pressions exercées sur la personne âgée par des tiers.

A des examens diagnostiques insuffisants.

A une maladie psychique

A une prise en charge ou un traitement inadéquat

Un délai d’attente et de réflexion sera proposé au « suicidant » puis  il sera fait appel à une organisation spécialisée en la matière tel que EXIT.

Le personnel de RESOLIS ne participera pas au suicide de la personne âgée, toutefois chaque membre de l’équipe de RESOLIS peut décider librement d’être présent lors d’un suicide. Il ne peut en aucun cas y être obligé.

L’annonce aux autorités cantonales compétentes, de la survenue du décès dans ces circonstances particulières relève de la compétence du médecin.

f) devoir de confidentialité :

Le médecin et le personnel de RESOLIS sont liés par le secret professionnel. Ils ne peuvent en être déliés que par le bénéficiaire de soins lui-même ou par le chef du département santé et justice du canton de Neuchâtel.

 

Bibliographie :

– L’éthique et la pratique infirmière .  SBK-ASI berne 2013 www.sbk-asi.ch

Directives médico-éthiques et recommandations de l’Académie Suisse des Sciences Médicales www.assm.ch

– directives anticipées 2009 mis à jour en 2012

– soins palliatifs 2006 mis à jour en 2012

– Prise en charge des patientes et patients en fin de vie (2004, mise à jour 2012)

– Traitement et prise en charge des personnes âgées en situation de dépendance (2004, mise à jour)

– Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation en Santé: Evaluation des pratiques professionnelles dans des établissements de santé; 2000. www.has-sante.fr

– Association Alzheimer Europe: Les droits des personnes atteintes de démence. 2001. www.alz.ch

– Association vaudoise d’établissements médico-sociaux: Charte éthique. 2001.

– Comité européen pour la cohésion sociale (CDCS)/Conseil de l’Europe: Améliorer la qualité de vie des personnes âgées en situations de dépendance. 2002. http://book.coe.int